|
Entre la compétence et la performance : une Renaissance des langues maternelles Durée: 1h 30mn 10s 00 Langue: Français Vidéo d'un séminaire
 tourné
 le jeudi 21 avril 2005
 à  EHESS, 105 Boulevard Raspail, 75006, Paris
Intervenant(s) Francis ZIMMERMANN, InterviewéDirecteur d'études EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, France, Anthropologie et linguistique
Discipline(s) scientifique(s) Philosophie du langage
Linguistique comparative
Science du texte
|
|
Francis Zimmermann aborde ici les langues maternelles dans un sens large (langues d'écrivain, introduction de l'oralité et la voix dans l'écriture, langues dialectales : usages et moyens préservation) à partir de corpus littéraires (Jean Dubuffet, Miguel de Cervantès, William Shakespeare, Carlo Collodi), artistiques (Patricia Kaas) et critiques (Edouard Glissant, Jacques Derrida). Il pose la question de la diversité linguistique.
|
à voir également...
Evènement issu des AAR (séminaire intégral consultable ici) Présentation du séminaire dont est issu le document "Entre la compétence et la performance : une Renaussance des langues maternelles" :
Le séminaire "La langue maternelle et les langues-relais" couvre le domaine de l’anthropologie linguistique (au sens américain du terme), de l’anthropologie de la Parole ou de l’énonciation (performance), en particulier dans les arts vivants (performing arts) comme le théâtre, l'anthropologie cognitive (ethnoscience) et les interfaces de l'anthropologie sociale et culturelle avec la linguistique, la philosophie, la théorie littéraire, en particulier la narratologie, et la psychanalyse.
Il s’adresse à trois auditoires. Les uns s’intéressent aux langues: les langues en contact, les rapports de force entre les langues, le bilinguisme. Les autres s’intéressent à la parole: la parole et le geste, les situations interactionnelles, les arts vivants comme le théâtre et la chanson. D’autres encore s’intéressent aux rapports de la parole à l’écriture, aux langues de littérature et à “l’oraliture” comme disent les écrivains de la créolité, ainsi qu’aux problèmes théoriques et politiques de la traduction littéraire. Mais tous sont concernés par “la langue maternelle”.
La langue maternelle n’est pas un instrument de communication d’informations, mais un mode d’expression où affleure la subjectivité du locuteur; les ambiguïtés ou les obscurités de ce que l’on dit dans sa langue maternelle sont moins un défaut qu’une richesse. La distinction qu’ont opérée les linguistes entre la compétence (une institution), qui est la maîtrise des règles de grammaire, et la performance (une pratique), qui est une mise en œuvre individuelle et dramatique de la voix, nous aide à comprendre le paradoxe que représente pour chacun d’entre nous sa langue maternelle: c’est moins une institution sociale qu’une pratique individuelle, c’est une langue qui tend à se faire parole.La langue maternelle n’est pas un instrument de communication d’informations, mais un mode d’expression où affleure la subjectivité du locuteur; les ambiguïtés ou les obscurités de ce que l’on dit dans sa langue maternelle sont moins un défaut qu’une richesse. La distinction qu’ont opérée les linguistes entre la compétence (une institution), qui est la maîtrise des règles de grammaire, et la performance (une pratique), qui est une mise en œuvre individuelle et dramatique de la voix, nous aide à comprendre le paradoxe que représente pour chacun d’entre nous sa langue maternelle: c’est moins une institution sociale qu’une pratique individuelle, c’est une langue qui tend à se faire parole.
Nous accorderons une attention particulière à la question des langues dans l’Union européenne, en analysant dans ses composantes anthropologiques et dans ses enjeux politiques le concept de “langues-relais” ou “langues-pivots”, les quelques langues de traduction qui, au sein de l’Europe conçue comme une aire sociolinguistique en construction, cimentent l’union et font entrer chaque langue particulière dans le réseau de toutes les autres.
|